
J’ai pu constater la véracité des paroles de ce psaume dans certains des endroits les plus reculés où j’ai voyagé et dans les situations difficiles que j’ai rencontrées. Récemment, un jésuite du Venezuela nous a dit qu’en cette période d’incertitude et de peur, beaucoup se tournent vers l’Église. Ils y cherchent protection, consolation et espoir. Au Soudan du Sud, où la population vit dans une extrême pauvreté et souffre énormément, l’Église est remplie de gens qui chantent et dansent avec une grande joie pendant la messe. Malgré leur situation précaire, ils font l’expérience de l’amour inébranlable de Dieu et croient qu’il durera pour toujours.
De nombreux biblistes et historiens pensent que le psaume 117 pourrait être l’hymne que Jésus et ses disciples ont chanté lors de la Cène. Le Hallel, qui signifie « louange » en ébreu, comprend les versets des psaumes 112 à 117 et est traditionnellement chanté ou psalmodié à la fin du séder de Pessa’h. Il commence et se termine par les mots : « Rendez grâce au Seigneur : Il est bon ! Éternel est son amour ! »
D’autres, dont Martin Luther, qui qualifiait le psaume 117 de « mon psaume bien-aimé », le considéraient comme une affirmation de la délivrance ; et pour certains, c’est « un chant de victoire ».
Jésus nous offre un modèle de résistance simple mais profonde à la tyrannie de l’époque. Même
lorsqu’il savait ce qui l’attendait au jardin de Gethsémani, il louait l’amour et la fidélité de Dieu. Oui, Jésus était « triste à en mourir » (Matthieu 26, 38) et a demandé à Dieu de mettre fin à ses souffrances. Mais il a finalement cru que sa crucifixion ne serait pas la fin, mais le début du salut. « La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle » (Psaume 117, 22).
Les paroles de ce psaume résonnent profondément en moi lorsque je considère l’état actuel de notre monde. La menace d’une guerre mondiale est plus grande que jamais.
Nous avons des leaders mondiaux qui ont trahi leur peuple et pris le pouvoir pour leur propre bénéfice. Les inégalités continuent de croître. Les pays les plus responsables de la crise écologique l’ignorent. La liste des défis anciens et nouveaux est longue. La plupart de nous sont conscients des changements politiques, économiques, sociaux et technologiques massifs qui pèsent sur nos communautés et sur nous-mêmes.
Pourtant, en tant que peuple pascal, nous sommes appelés à nous souvenir que l’engagement de Dieu envers nous ne faiblit jamais. L’amour de Dieu n’est ni transactionnel ni provisoire. Et, comme Jésus nous l’a montré sur le chemin de la croix, la tyrannie et la mort n’ont pas le dernier mot.
Les populations d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient, d’Amérique latine et des Caraïbes, que nous soutenons grâce à votre aide, résistent à un statu quo injuste, par de petits gestes et de grandes actions, qu’il s’agisse de garantir la scolarisation de leurs enfants ou de manifester contre la dictature. Notre engagement commun à servir les pauvres et les marginalisés contribue à fournir un point d’ancrage dans un monde de plus en plus instable.
Au Venezuela, où la situation reste critique, la Fundación Centro Gumilla, dirigée par des jésuites, autonomise les femmes leaders grâce à des programmes qui contribuent à améliorer et à renforcer leurs communautés, à prévenir la violence de genre et à sensibiliser à l’environnement.
Face à la montée des sentiments anti-réfugiés et anti-migrants dans certains pays, le Service Jésuite des Réfugiés (JRS) en Jordanie continue d’offrir de l’espoir aux réfugiés et aux communautés locales vulnérables à Amman. Le JRS propose des programmes qui leur permettent d’acquérir des compétences recherchées sur le marché du travail, de connaître leurs droits et de respecter les différentes cultures.
C’est grâce à ces actions et à notre engagement continu que « son amour inébranlable dure pour toujours ! »
Merci pour votre solidarité sans faille. Je vous souhaite de bonnes fêtes de Pâques.
Jenny Cafiso
Directrice Exécutive
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Un projet animé par les jésuites et géré par la Fundación Centro Gumilla, partenaire du CJI, renforce le leadership de 80 femmes à La Carucieña, au Venezuela. Ces leaders participent à des programmes de formation et à des recherches sur la vie familiale et communautaire, la prévention de la violence de genre, l’éducation environnementale et la collecte des déchets solides. L’objectif est d’améliorer le tissu social et les
conditions de vie de leurs communautés. Les leaders qui participent à ce projet sont des enseignantes, des travailleuses domestiques ou des personnes qui travaillent dans l’économie informelle.

Avec l’aide du Service Jésuite des Réfugiés (JRS),
partenaire du CJI, les réfugiés et les communautés locales vulnérables d’Amman, en Jordanie, acquièrent de nouvelles compétences, améliorent leur accès à l’éducation et à l’emploi, et découvrent d’autres cultures. Le JRS Jordanie propose des ateliers sur la consolidation
de la paix, des cours d’anglais, de technologie
numérique et de narration, ainsi que des cours de photographie, de vidéographie et d’écriture créative. Les populations locales et les réfugiés originaires de Syrie, du Soudan, de Somalie, d’Irak, d’Érythrée et du Yémen acquièrent également des connaissances sur les
droits du travail et les droits juridiques.